Writers room

Les Américains sont reconnus à travers le monde pour la qualité de leur écriture télévisuelle. Leur secret? Il est double:

1. Le showrunner/executive producer
Il ou elle ne vient pas du monde de la production mais plutôt de celui de l’écriture. C’est cette personne, un/une scénariste d’expérience, qui prend les décisions finales sur le contenu et l’orientation de la série (décisions qui doivent être négociées avec le diffuseur, bien sûr). Il n’y a pas de véritable équivalent au Québec mais le titre est souvent traduit par “scénariste en chef”. Cette traduction omet cependant les aspects de production et d’administration qui font aussi partie des tâches de l’executive producer.

2. La writers room
Je ne saurais bien traduire ce terme car la pratique n’existe malheureusement pas au Québec (sauf dans le cas de quelques émissions jeunesse diffusées quotidiennement). La writers room, c’est l’endroit où se réunissent les scénaristes pour concevoir les épisodes. Le terme désigne aussi l’équipe d’auteurs qui travaillent sur une même série. Aux États-Unis, le showrunner est appuyé par une équipe de 3 à 8 personnes à laquelle s’ajoutent parfois des pigistes pour la scénarisation d’un épisode dont les grandes lignes ont été déterminées en groupe.

Au Québec, une série est souvent écrite par un seul auteur, parfois deux. Pourquoi? Question de budget, mais aussi question de culture. On colle encore à de vieux modèles. Les premiers scénaristes de télé au Québec étaient souvent des romanciers… et on connaît tous les grandes habiletés sociales des romanciers ;) Au Canada, on se fie aussi beaucoup aux producteurs et aux diffuseurs pour orienter le contenu.

Voici de quoi a l’air la writers room de la formidable série Breaking Bad, qui a débuté sa 4ième saison dimanche dernier.

J’espère vraiment que j’aurai un jour la chance de travailler dans un tel environnement, que ce soit au Québec ou ailleurs.
Un jour. Un jour…

Pitch

Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir faire un bon pitch mais c’est peut-être encore plus difficile pour les scénaristes, tout habitués qu’ils sont à travailler seuls dans leur coin comme des enfants sauvages. La meilleure école pour moi ça a été de faire de la télé: il faut être à la fois calme et animé, projeter sa voix (mais pas trop) et sourire en parlant. Croyez-moi: il suffit de se regarder à la télé le lendemain d’un tournage pour avoir très très envie de s’améliorer!

Il existe plusieurs ressources en ligne sur l’art de présenter son idée de scénario, mais une excellente façon d’apprendre à faire de meilleur pitch c’est de regarder les autres en faire. Téléfilm Canada a récemment mis en ligne la séance de Pitch this présentée dans le cadre du TIFF 2010. Ça vaut la peine de regarder les auteurs et réalisateurs se démener pour vendre leur salade, certains avec plus de succès que d’autres…

Ressource pour scénaristes

Janvier! C’est le temps de faire du ménage de début d’année et ce blogue est beaucoup trop poussiéreux. J’ai donc revu ma liste de liens. Le concept de blogoliste est un peu daté mais bon, quand on est un dinoblogueur, on s’attache à certaines manières de faire. Même si je suis davantage présente sur les réseaux sociaux, je lis toujours des blogues via les fils RSS. Les noms cités à gauche ne sont donc pas entièrement représentatifs de mes lectures.

J’attire particulièrement votre attention vers un nouveau lien dans la catégorie Screen/Writing. Il s’agit du blogue Scénario-Buzz maintenu par la scénariste française Nathalie Lenoir. Elle fait un boulot admirable dans sa recherche de liens intéressants concernant la scénarisation. Les ressources scénaristiques en français sont rares sur le Web. Si le sujet de l’écriture pour le cinéma et la télé vous intéresse, ça vaut la peine de l’ajouter à vos lectures quotidiennes!

How NOT to give notes

I’m sitting here in the kitchen, reading this and laughing. And crying a little too.

If you’ve ever had to comment on someone’s screenplay, novel, or report, or hell, if you’ve ever had to give some feedback to anyone about their job, you should read this.

Really. Read this. Let’s make our world a place where we all give better notes.

How NOT to give notes, by Ken Levine (IMDB)

Part 1
and
Part 2

Bazzo.tv

La discussion concernant l’impact des réseaux sociaux à laquelle j’ai participé à Bazzo.tv jeudi, le 4 février, est maintenant disponible en vidéo sur le site de l’émission.

Si vous avez envie de vous exprimer sur le sujet, vous pouvez le faire sur le blogue de Bazzo.tv (il faut d’abord s’enregistrer avant de pouvoir commenter).

Branché 24/7

Vous êtes intéressés par la question de l’impact des réseaux sociaux, et, par extension, d’une société branchée en continu? La chaîne ontarienne TVO a présenté en octobre dernier une édition spéciale de son émission The Agenda with Steve Paikin dans le cadre du Festival Quantum 2 Cosmos. Le sujet? Branché 24/7

Wired 24/7?
In our lifetime we have seen a broad transformation in the way we interact with technology in our daily lives. And further developments in technology promise a continued impact. Are we comfortable living in a world that never shuts off? How has this technology affected us, our thinking, our relationships and the way our work works? Is technological progress always for the better? Be part of the live studio audience for this special edition of TVO’s Agenda with Steve Paikin.

58 minutes de télé et 6 experts, dont Jaron Lanier (You are not a gadget), Raymond Laflamme et Tara Hunt (The Whuffie Factor).

8 ans

Cette semaine marque le 8ième anniversaire de mon blogue. Les anniversaires se suivent et se ressemblent – surtout que je suis moins active sur ni vu ni connu depuis 3 ans – mais ce 8ième aura tout de même eu la chance d’être souligné de façon spéciale: je serai ce soir (21h00) de passage à l’émission Bazzo.tv et j’aurais le luxe de me faire souhaiter un joyeux bloganniversaire par Marie-France Bazzo et ses collaborateurs. Sympa comme party de fête!

L’ironie dans tout ça? J’étais invitée à l’émission non pas pour parler de blogues mais pour discuter des réseaux sociaux! Ah, ces fichus réseaux, quelle plaie! Tout était tellement mieux avant leur arrivée! C’est en soulignant cette tendance à accuser toute nouvelle technologie des pires maux que j’ai débuté mon intervention à l’émission. Ce qu’on reproche aux réseaux sociaux, on l’a reproché bien avant à la télévision, aux jeux vidéo, à Internet et, bien sûr, aux blogues: perte de contacts humains, inflation de l’ego, désensibilisation politique et sociale, perte de temps, superficialité, création de dépendances, etc… Plus ça change, plus c’est la même chose.

Ceci étant dit, je suis loin de croire que les réseaux sociaux sont parfaitement inoffensifs. Après 3 années d’investissement de temps et d’énergie à échanger sur Facebook et Twitter – et c’est sans compter Flickr, Vimeo, LinkedIn, Digg, Delicious et les autres – j’ai des réserves bien justifiées quant aux louanges que certains chantent vis à vis ces réseaux. Je prévoyais d’ailleurs prendre une approche plutôt critique dans ma participation à l’émission, mais nous savons tous ce qui arrive quand on se met à parler médias sociaux… La discussion tourne rapidement aux extrêmes et l’aspect “machine à gonfler l’ego” finit toujours par prendre l’avant-plan. C’était la même chose dans le temps où on causait blogue dans les médias traditionnels ou même dans les conférences plus spécialisées. Bref, à cause du tournant de la discussion et parce que je crois que les avantages des réseaux sociaux supplantent leurs aspects négatifs, je me suis retrouvée dans une position de défenseur des réseaux.

Enfin. On verra bien ce que ça va donner une fois la discussion montée et diffusée. L’ambiance était très sympathique et les échanges se déroulaient de manière amicale, sans véritable souci de provocation. J’ai toutefois l’impression que ceux d’entre vous qui êtes très familiers avec les réseaux sociaux vous mordrez les doigts… comme vous le faites à chaque fois qu’il est question du sujet dans les médias traditionnels! Bazzo.tv a un blogue où les téléspectateurs sont invités à intervenir. Je vous suggère donc d’aller y faire un tour et de vous exprimer sur le sujet si le coeur vous en dit.

La discussion devait se conclure sur une question double: qu’est-ce qui vous réjouit et qu’est-ce qui vous inquiète le plus? Comme nous n’avons pas eu l’occasion de nous rendre jusque là en ondes et puisque j’ai le luxe d’avoir un blogue ou je peux m’exprimer sans interruption et sans avoir à tout faire passer en 140 caractères, je me permets donc ici de répondre à ces deux questions. Ça me permet du même coup de faire un petit bilan de toutes ces années de blogue et de participation aux réseaux sociaux.

-Qu’est-ce qui vous réjouit?
Le fait que les réseaux sociaux contribuent à étendre notre cercle de contacts et “d’amis” et qu’ils nous permettent d’interagir de manière significative avec des gens à qui on n’aurait pas eu accès autrement.

La vie d’adulte se résume souvent à un travail de 9 à 5 (ou du moins un milieu de travail assez fermé) et à une vie sociale principalement concentrée autour de la famille et des amis qu’on connaît depuis longtemps. Pas facile de rencontrer de nouvelles personnes à l’extérieur de ce cercle! (Suffit d’en parler aux célibataires qui désespèrent qu’une nouvelle personne libre se pointe dans leur cercle de connaissances.) Pourquoi est-ce important de rencontrer du nouveau monde? Pour challenger nos opinions, pour nous exposer à d’autres goûts, d’autres passe-temps, d’autres cultures, pour avoir accès à un milieu professionnel à des lieux du nôtre, bref, pour nous brasser un peu dans notre confort et continuer à garder notre curiosité et notre envie d’apprendre en éveil, même quand nos années universitaires sont loin derrière nous.

-Qu’est-ce qui vous inquiète le plus?
Non, je n’ai pas peur de perdre ma liberté et d’abandonner mon droit à une vie privée. Je choisis librement ce que je partage, même si j’avoue que parfois, on peut être un peu naïf quant à l’étendue de cette liberté.
Il y a deux choses qui m’inquiètent cependant dans l’utilisation assidue dans mon quotidien des réseaux sociaux:

1. L’interruption constante de mon travail et la diminution de ma capacité de concentration.

Soyons bien clairs: c’est vrai aussi avec la radio, la télé, le téléphone et Internet en général. On donne bien à ces technologies la place qu’on veut leur donner. Mais l’aspect encore nouveau et excitant des réseaux sociaux fait qu’il m’est très difficile de m’en couper l’accès pendant la journée, d’autant plus que je suis travailleuse autonome et que ces réseaux brisent mon isolement. (Je travaille seule à la maison.)

Un réseau comme Twitter trouve son utilité et sa pertinence dans l’immédiateté. Rien de plus agaçant que de lire une réponse à un tweet que quelqu’un a envoyé il y a 2 heures! Le problème c’est que le flux d’information devient énorme à gérer. Je crains fortement que ces interruptions constantes de notre travail aient un impact lourd à long terme sur notre capacité à nous concentrer sur des tâches plus complexes. Certains spécialistes s’inquiètent même de l’impact de ce type de rythme de travail sur le développement de nos cerveaux. Suffit de faire une recherche sur Google concernant what the internet is doing to our brain pour tomber sur un nombre d’articles sérieux et inquiétants sur le sujet.

Perspective alarmiste? Est-ce simplement une question de générations? Difficile à dire pour l’instant, mais je sais que dans mes échanges avec mes amis qui passent tout autant de temps que moi sur les réseaux, il règne une certaine inquiétude quant à l’impact à long terme de cette habitude. Déjà, plusieurs d’entre nous avons entrepris de nous bloquer l’accès au Web à certains moments de la journée. J’ai un copain qui, depuis des années, s’isole en après-midi dans un café où il n’a pas accès à Internet. J’ai une copine qui a déclaré les mardis soirs “tech free” à la maison (incluant la radio et la télé). Elle fait de la lecture, de la cuisine, ou joue à des jeux de société. Je fais moi-même l’essai ces jours-ci d’une extension pour le fureteur Firefox appelée LeechBlock qui me coupe l’accès à Facebook et Twitter sur des périodes de temps que je peux contrôler… si on peut appeler ça avoir du contrôle!

La solution se trouvera aussi du côté du développement de meilleurs outils de filtrage qui nous permettront de mieux faire le tri de l’information qui nous concerne dans la surabondance d’échanges qui circulent ces jours-ci sur nos divers réseaux.

2. L’autre chose qui m’inquiète est aussi reliée au concept du manque de contrôle, bien que d’une autre nature. Les années que j’ai passées sur Twitter et sur Facebook m’ont amenée à produire et à partager une grande quantité de contenu. Une fois sur ces plateformes, ce contenu ne m’appartient plus et je n’en ai plus le contrôle. Comment retrouver un lien que j’avais publié sur Twitter il y a 2 ans? Comment archiver les courriels qu’on m’envoie sur Facebook et qui remplacent de plus en plus ceux envoyés à mon adresse de courriel régulière? Sur mon blogue, c’est moi qui ai le contrôle de mes archives. Je peux y retrouver facilement des infos vieilles de plusieurs années. Même chose avec mon courriel.

Pourquoi donner autant de contrôle à des corporations qui veulent s’imposer en portail de tous nos échanges sociaux sur le Web? Nous parlons de liberté d’expression, mais notre utilisation des réseaux sociaux se polarise maintenant vers un ou deux endroits. Comme l’exprime très bien ce commentateur suite à un article sur le réseautage social publié en janvier 2010 par The Economist:

Facebook and its kin are a completely different play. Their ambition is to leverage customer lock-in and network effects to become the central control point for all internet-based social contact. This monopolistic ambition puts them in the proud tradition of AT&T, IBM and Microsoft — and their astronomical valuations are based on this potential. That is not “democratization of technology” or the “socialization of the web”, as you call it — that is business as usual.

With more of our social life moving online, I think its intolerable that there would be one or two firms essentially “owning” our interactions, our expression, our relationships. But I must admit that few of my own family and friends seem to share my concerns. As long as the beer is free, the “digital native” generation does not seem to care too much about its freedom of speech.

Vous voyez comme il est impossible de raconter tout ça à la télévision dans un segment de 12 minutes incluant 7 personnes?

En terminant, merci à ceux qui suivent encore ni vu ni connu. C’est toujours un grand plaisir de lire vos commentaires, même quand il est juste question de me faire un petit signe! Et ça me rassure sur le fait qu’il y a encore des gens qui ont le goût de lire au-delà des 140 caractères. ;-)

Une taxe télé?

Si vous regardez parfois la télé, vous avez sûrement vu ces publicités aux allures de vox-pop qui font peur aux gens sur la rue en clamant haut et fort Non à la taxe tv! Vous avez peut-être aussi vu d’autres pubs du camp opposé qui affirmaient tenir à leur télé locale.

Comme moi et comme bien d’autres gens, vous n’y avez probablement rien compris. La Writers Guild of Canada (l’équivalent pan-canadien et anglophone de la SARTEC québécoise) a produit une courte vidéo qui tente d’expliquer ce qui se cache derrière cette fameuse taxe.

Du texte à l’écran

Ceux qui s’intéressent à la scénarisation vont bien apprécier cette section spéciale du site Web de la télésérie La Galère: du texte à l’action. Pour chacun des épisodes de la deuxième saison de la série, Radio-Canada a sélectionné une scène pour laquelle elle offre la version écrite, telle qu’on la retrouvait dans le scénario d’origine. Sur la même page, la scène en question est offerte en vidéo dans sa version finale, telle que présentée aux téléspectateurs. On peut ensuite écouter les commentaires de l’auteure et du réalisateur concernant la scène.

Entre les idées de base et les contraintes de tournage, il y a parfois tout un monde. Tout est affaire de compromis. Il faut donc espérer atteindre une excellente communication entre la production, la réalisation et la scénarisation. Beau principe… pas toujours facile à concrétiser!

Pour atteindre ces sections spéciales, il faut d’abord sélectionner un numéro d’épisode (ça démarre à 13 pour la saison 2), puis cliquer sur l’onglet du texte à l’action à droite de la vidéo.

The Women Behind “Mad Men”

Behind the smooth-talking, chain-smoking, misogynist advertising executives on “Mad Men” is a group of women writers, a rarity in Hollywood television. Seven of the nine members of the writing team are women. Women directed five of the 13 episodes in the third season. The writers, led by the show’s creator Matthew Weiner, are drawing on their experiences and perspectives to create the show’s heady mix: a world where the men are in control and the women are more complex than they seem, or than the male characters realize.

According to the Directors Guild of America, the labor union that represents film and television directors, about 13% of its 8,000 directors are female. Women comprised 23% of television writers during the 2007 to 2008 prime-time season, a 12 percentage point decrease from the same period a year earlier. Nearly 80% of TV programs in the 2007 to 2008 prime-time season had no women writers, according to a study by Martha Lauzen, executive director of the Center for the Study of Women in Television and Film at San Diego State University.

From The Wall Street Journal