Prendre le temps, ça compte

13 minutes 43 secondes
+
6 minutes 38 secondes
+
10 minutes 12 secondes
-
3 minutes 06 secondes
=
Euh…

J’haïs ça, compter des minutes! Mon boulot m’amène pourtant souvent à le faire: je dois calculer mes heures pour certains clients en plus de devoir calculer les durées des diverses sections d’un scénario. 134 minutes 212 secondes, ça fait combien d’heures? Je me disais qu’il devait bien exister un outil pour me faciliter la tâche alors j’ai fait ce que je sais mieux faire que compter: j’ai fouiné!

Il existe plusieurs outils de calcul de temps pour les monteurs ou les assistants à la réalisation, mais ils sont complexes et ils sont davantage concernés par le calcul du métrage de la pellicule film nécessaire au tournage plutôt qu’à la simple addition et soustraction de minutes.

Après quelques recherches infructueuses et quelques découragements (ça me semblait si simple comme outil!), j’ai enfin trouvé trois solutions: une en ligne, une en widget pour le Mac, et l’autre, ma préférée, pour le iPhone.

1) Time Calculator

Ça fait ce que ça dit: ça calcule le temps. En fait, ça additionne, mais ça ne soustrait pas. Un avantage: on peut conserver à l’écran les temps entrés dans le tableau, ce qui rend la vérification plus facile.

2) TimeCalc, version 3

Je n’aime pas beaucoup les widgets. Ça m’agace de ne pas pouvoir avoir le widget ET l’arrière de l’écran disponibles en même temps, surtout quand vient le temps de faire du copier-coller de data. Mais bon, si vous aimez les widgets, celui-ci est simple et fait son travail pour additionner et soustraire des minutes.

3) time:calc

Mon coup de coeur! Son créateur, Dr Phil – qui, je l’espère, n’a rien à voir avec le célèbre psy – dit avoir au départ créé cette application pour le iPhone dans le but de calculer le timing d’émissions de télé, ce qui est parfait pour moi! Il s’agit cependant d’une calculatrice complète qui fait bien plus que de simples additions. Vous pouvez facilement y convertir des minutes en heures: 134 minutes 212 secondes, ça fait combien d’heures déjà? On trouve la réponse automatiquement avec cette calculatrice: 2 heures 17 minutes 32 secondes. Ceux qui font du montage trouveront aussi très utile de pouvoir calculer des timecodes (avec ou sans drop frames. Don’t ask…) Bref, au coût de 1.99$ sur iTunes, c’est un excellent investissement et c’est moins cher qu’une promenade en Bixi!

Nouveautés iPhone

Trois nouveautés créées par des gens d’ici pour les utilisateurs du iPhone. Jetez-y un coup d’œil:

-L’application iPhone développée par le Yublogueur Mare est maintenant disponible sur iTunes. Ça s’appelle Clean my screen et c’est adorable! J’espère convaincre Mare de vous offrir un jour une version léchée par Le Mini. Profitez-en pour l’essayer pendant que l’application est gratuite!

-Vous pouvez maintenant regarder les films disponibles sur le site Web de l’ONF à partir de votre iPhone. Une application séparée reste à venir, mais pour l’instant, vous pouvez utiliser Safari pour regarder les films. Un trésor cinématographique dans votre poche!

-L’ami Martin Dufort de la compagnie montréalaise WhereCloud, a enfin envoyé à Apple son application iPhone nommée Reportage. J’ai eu l’occasion d’utiliser une version beta de cet outil de communication/syntonisation pour les utilisateurs de Twitter et c’est pas mal cool! Disponible très bientôt sur iTunes.

Sésame, ouvre-toi et tweete-moi!

Ed et moi songeons depuis longtemps à installer une porte à chat pour Le Mini. Le problème, c’est qu’il y a des marmottes, des ratons-laveurs et des mouffettes dans le coin, sans compter les chats des voisins qui auraient sûrement envie de venir nous rendre visite.

Ce couple d’américains a bâti une porte à chat qui ne s’ouvre qu’à la réception d’un signal spécifique émis par un bidule attaché au collier du minet. C’est déjà très cool, mais en prime, le système prend une photo du chat à chaque fois qu’il rentre à la maison et envoie immédiatement la photos sur Twitter.

On n’arrête pas le progrès.

Ed? I have a weekend science project for you!

Jean-Pierre a toujours du piquant

Avec toutes ces listes sur les influenceurs du Web québécois qui circulaient récemment, nous avons sûrement été nombreux à penser à Jean-Pierre Cloutier, des Chroniques de Cybérie. Il est bien tranquille sur le Web ces jours-ci. Qu’est-ce qu’il peut bien mijoter?

Surprise: la réponse m’est parvenue par la poste, et non pas par courriel, comme on aurait pu s’y attendre de ce pionnier de l’info techno au Québec. Jean-Pierre s’adonne depuis quelque temps à un tout autre type de culture:

Le piment de Sainte-Béatrix est un piment de type « espelette » cultivé à Sainte-Béatrix (Lanaudière) à partir de semences certifiées biologiques. Aucun produit de synthèse, engrais ou amendement, n’a été utilisé pour sa culture. Les piments ont été cueillis, tranchés en morceaux puis séchés à faible température avant d’être réduits en flocons. Les flocons de piment de Sainte-Béatrix sont vendus en ampoules de 34 ml (environ 15 grammes).

J’ai eu le plaisir d’ajouter ce délicat piment dans nos recettes depuis quelques semaines, et je suis ravie du résultat! J’aimais déjà le piment d’espelette, mais celui-ci est plus doux, plus subtil. L’aspect piquant ne prend jamais le dessus. Vous le retrouverez dans plusieurs points de vente à Montréal, Québec et St-Hyacinthe.

Comme quoi le Web mène à tout!

Vidéocamp

Vous vous intéressez à l’émergence de la vidéo sur le Web et vous avez le goût de jaser de manière informelle avec une gang de maniaques?

En marge de la conférence Montréal Web Vidéo 2009 (frais d’inscription requis), une séance de discussion de type camp ou unconference s’organise pour le jeudi, 2 avril 2009 à 16h30.

Entrée gratuite: Auditiorium Nortel de l’Institut de technologie supérieure (ÉTS) situé au 1100, rue Notre-Dame Ouest, Pavillon A, (angle Peel au sud), Salle A-1600.

Pas de powerpoint, pas de pitch de vente, pas de compagnies, pas d’ego (ou si peu!)… des individus passionnés qui échangent sur les préocupations des professionnels de l’émergence du vidéo sur le web. Cet évènement sera le premier d’une série, inspiré par l’énergie de webcamps et autres Camps de Montréal.

Sylvain Carle en parle avec un peu plus de détails ici.

All by myself, don’t wanna be…

A couple of weeks ago, an article written by William Deresiewicz for the Chronicle Review made a bit of noise over various social networks: The End of Solitude. It’s a pretty dense essay, too long to be read on the screen, so I printed it and finally got around to reading it. Yes, I could have read it on my iPhone and saved some paper, but sometimes you just have to get away from connectivity… especially when you are reading about its implications!

It’s one of the smartest and most pertinent thing I’ve read about the societal implications of the constant connectivity we surround ourselves with. I strongly suggest that you take the time to read it if, like me, you question all this time you spend online.

Visibility secures our self-esteem, becoming a substitute, twice removed, for genuine connection. Not long ago, it was easy to feel lonely. Now, it is impossible to be alone. [...]

If six hours of television a day creates the aptitude for boredom, the inability to sit still, a hundred text messages a day creates the aptitude for loneliness, the inability to be by yourself. Some degree of boredom and loneliness is to be expected, especially among young people, given the way our human environment has been attenuated. But technology amplifies those tendencies. You could call your schoolmates when I was a teenager, but you couldn’t call them 100 times a day. You could get together with your friends when I was in college, but you couldn’t always get together with them when you wanted to, for the simple reason that you couldn’t always find them. If boredom is the great emotion of the TV generation, loneliness is the great emotion of the Web generation. We lost the ability to be still, our capacity for idleness. They have lost the ability to be alone, their capacity for solitude.

And losing solitude, what have they lost? First, the propensity for introspection, that examination of the self that the Puritans, and the Romantics, and the modernists (and Socrates, for that matter) placed at the center of spiritual life — of wisdom, of conduct. Thoreau called it fishing “in the Walden Pond of [our] own natures,” “bait[ing our] hooks with darkness.” Lost, too, is the related propensity for sustained reading. The Internet brought text back into a televisual world, but it brought it back on terms dictated by that world — that is, by its remapping of our attention spans. Reading now means skipping and skimming; five minutes on the same Web page is considered an eternity. This is not reading as Marilynne Robinson described it: the encounter with a second self in the silence of mental solitude.

I cannot think properly – or at least concentrate deeply – when I’m around people. I do my best thinking, the most creative part of it, when I’m alone. I suspect it’s true of most people, even if they are not aware of it. The hive mind is great for brainstorming and the presence of others is necessary for inspiration and motivation, but too much of a good thing is, well, too much. We’ll see more and more of these types of plans and self-imposed schedules show up as people realize, me included, that the noise they surround themselves with is interfering not only with their daily productivity, but also with their sense of self.

If you read French, Josée Blanchette just published a great column on the subject of solitude in Le Devoir. Ça se résume en ceci:

Supprimer l’état de solitude, c’est empêcher l’être humain de penser.

Appel aux filles

J’ai déjà parlé à quelques reprises sur ce blogue de Station C, un environnement de co-travail situé sur le boulevard St-Laurent à Montréal. C’est quoi, un espace de co-travail? En gros, c’est un endroit où on peut louer un coin bureau et des salles de conférence sur une base flexible. Les détails des divers plans de membership sont ici. Vous pouvez aussi lire l’article ci-haut pour plus de détails.

Station C vient de célébrer son premier anniversaire et pour souligner l’évènement, les créateurs de l’endroit ont décidé d’organiser une journée porte ouverte. Parfait pour les curieux et curieuses qui veulent juste voir de quoi ça a l’air, et parfait pour ceux et celles qui ont envie d’essayer d’y travailler pendant quelques heures!

Ça se passe mardi prochain, le 24 février, au 5369 Saint-Laurent #430. Vous pouvez passer à n’importe quel moment pendant la journée ou encore en profiter pour venir luncher avec les membres qui seront présents sur place pour une séance de Open Salad.

Station C a connu une belle première année avec bien des activités et des nouveaux membres. Les créateurs de l’espace ont cependant remarqué un gros détail qui les agace un peu: ça manque de filles!

Dans le but d’attirer de nouveaux membres féminins, Station C offre un spécial anniversaire: du 4 février au 24 Mars, les femmes bénéficieront d’une rabais de 100$ à la signature d’un abonnement de six mois de type “Lite” ou “Résident”. C’est un excellent deal! Il y a toujours bien sûr la possibilité de faire un usage ponctuel de l’espace.

Je vais travailler à la Station de temps en temps et je prévois y être mardi le 24 février. Au plaisir de vous y rencontrer!

Geeky duo

Coolest fictional girl geeks and hackers extraordinaire:
Chloe and Janis from the tv show 24.

I can’t wait for them to meet face to face on the show. I didn’t think I was going to be able to watch another season of 24 (I skipped the last one), but this one’s got my attention! It does help a lot that the female characters are so much more fun this year.

Jeu de mots, jeu de geek

Le numéro de janvier/février 2009 du magazine The Atlantic a publié une capsule amusante pour tous les geeks qui passent beaucoup de temps à l’ordinateur. Vous arrive-t-il de faire une gaffe, comme d’échapper un pot de sauce tomate sur le plancher par exemple, et que votre première réaction soit d’imaginer que vos doigts appuient sur la commande “undo”?

“I use a computer for the better part of my waking life, and I’ve noticed that certain repetitive keyboard tasks are making their way into my non-computer life. For example, I recently knocked a jar off the counter, and a little voice inside yelped, ‘Command-Z!’ (the keyboard shortcut for Undo). Ditto for the time I accidentally ripped a page in a book. A friend mentioned that she recently lost her keys and thought, ‘Command-F’ (Find). There should be a term for this confusion, as it’s only going to become more common.”

Le magazine a demandé à ses lecteurs de trouver un terme pour nommer cette confusion bien contemporaine. Voici les suggestions qui leur ont été offertes:

-compusion
-key-fuddled
-keystroke of misfortune
-typogrammatical error
-interior macrologue
-alterkeygo
-key-jerk reaction (ma préférée)

La suggestion préférée de la rédaction du magazine était: inputtence

Depuis la lecture de cet article, j’essaye de trouver un équivalent français pour exprimer cette intrusion de l’univers informatique dans nos gestes quotidiens. Pas évident. Macrologue intérieur?

Je sais, je sais, c’est un vrai exercice de nerd! En fait, c’est un mélange de deux types de nerds assez intenses: les geeks de l’informatique et les geeks de vocabulaire. Je me dis qu’il doit bien y en avoir quelques uns parmi vous…

Des étoiles et des araignées

L’émission de radio de Christiane Charette à Radio-Canada a invité 3 blogueurs (Bruno, Dominic, Michelle) à venir présenter un palmarès des “stars du Web québécois”. L’idée est de reproduire, à l’échelle québécoise, le palmarès 25 Web celebs présenté récemment par Forbes.

Depuis que la blogosphère est blogosphère et que le Web est Web, on a cherché à classer, à catégoriser, à hiérarchiser à la fois les contenus et leurs créateurs. Même si je sais que ces classements hautement suggestifs ne doivent pas être pris très au sérieux et qu’ils sont sans impact à long terme, je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise quand j’en vois un nouveau se pointer.

Pourquoi? Les raisons sont multiples:

1. Les blogueurs et autres créateurs de contenus Web sont humains. L’annonce de l’arrivée d’un nouveau classement provoque chez une grande majorité d’entre eux – moi inclue, du moins à une certaine époque – une curiosité un peu embarrassante: serai-je dans le top 10? Le top 50? Le top 100? Pourquoi cette personne et pas moi? De communautaire et égalitaire, l’utilisation du Web devient très personnelle, servant notre petite humanité dans tout ce qu’elle a de plus insécure et vaniteuse. On ne se refait pas… même quand on tente de se réinventer par le Web.

2. Dans ce même ordre d’idée, les classements donnent lieu à une opération de relations publiques fort peu élégante, où certains blogueurs bombardent les responsables du classement de messages d’auto-promotion d’une subtilité qui fait mal aux yeux tellement elle brille de désespoir.

3. La grande majorité des gens ne sait pas faire la différence entre “être influent” et “avoir une grande gueule”.

4. L’idée d’organiser les “personnalités Web” en classement hiérarchique va à l’encontre de l’esprit de collaboration et d’égalité qui est à la base même de la création du Web. C’est un peu comme si un moniteur en charge d’un groupe d’enfants dans un fat camp décidait soudainement d’y organiser un concours de beauté. En pensant motiver les gens, on gâche l’esprit et la beauté de la chose.

5. C’est quoi au juste, l’influence? Dans quel domaine parle-t-on d’influence? Un blogueur poète n’aura pas le rayonnement d’un directeur de relations publiques ou de marketing, mais un de ses textes touchera peut-être profondément la vie de quelqu’un qui tombera sur ses mots un jour où il aura la navigation triste.

6. Ce sont très souvent les mêmes noms qui reviennent, du moins dans une période donnée. Ainsi, au lieu de faire découvrir de nouveaux blogues ou de nouvelles “personnalités Web”, les classements renforcent simplement une polarisation déjà existante: une majorité de lecteurs pour une petite poignée de blogueurs (ou générateurs de contenu et “d’influence”). Et nous qui étions si fiers de permettre l’existence de marchés de niche avec des contenus hautement originaux qui rejoignaient justement de petits groupes d’intérêts auxquels on s’adressait autrefois si peu souvent! Les classements nous forcent à appliquer des critères hors-ligne très “médias traditionnels” à un univers en ligne qui se faisait justement une fierté, ou du moins un devoir, de ne pas répéter les erreurs des anciens modèles.

7. Les femmes brillent en général par leur absence dans ces classements. Elles sont pourtant très présentes sur le Web et y ont aussi leur influence. Certains semblent croire qu’elles en ont seulement entre elles alors ils finissent par créer une petite section spéciale “blogue féminin” en fin de listing pour s’assurer d’être équitable. Juste après “blogues sportifs” et “blogues d’humour montrant de petits animaux adorables”.

Que faire alors quand on nous demande de créer un classement de personnalités influentes Web? Soit on refuse, parce que ça nous embête, soit on essaye d’être le plus juste possible en établissant des critères complexes, ce qui est une tâche colossale, ou encore, en dernier recours, comme la majorité d’entre nous, on nomme une personne qu’on considère avoir été oubliée, en espérant ajouter un peu de notre vision du Web dans une liste qui ne lui ressemblera pas.

Si j’avais à nommer mes grands oubliés jusqu’à maintenant, ce serait Patrick Tanguay et Dan Mireault, créateurs de Station C à Montréal. Au-delà d’un espace de co-travail, Station C est devenue, en une seule année, un lieu de diffusion et de partage des connaissances Web. En travaillant fort, en donnant beaucoup de leur temps, Patrick et Dan ont concrétisé in real-life leur conception communautaire et collaborative du Web.

Et tout ça sans jamais se mettre eux-mêmes de l’avant. Leur influence, bien qu’elle soit subtile pour l’instant, n’en est pas moins concrète. Dans 20 ans, quand on parlera de la communauté Web québécoise, on aura peut-être oublié les noms de Patrick et de Dan, mais on se rappellera encore de Station C.

Le Web n’est pas une constellation remplie de stars; c’est une belle toile tissée lentement mais sûrement par une armée de petites araignées besogneuses.