Femmes, cinéma et critique

La AWFJ – Alliance of Women Film Journalists – décerne chaque année des prix aux meilleurs films de l’année précédente. Comme le rapporte The Hollywood Reporter, cette association a un humour particulier qui se reflète dans le choix de certaines catégories :

-Movie You Wanted To Love But Just Couldn‘t
-Actress Defying Age and Ageism
-Sexist Pig Award
-Most Egregious Age Difference Between The Leading Man and The Love Interest Award
-Best Depiction Of Nudity, Sexuality, or Seduction
-Unforgettable Moment Award

La liste des gens et des films en nomination est ici et les gagnants sont ici.

Le site Web de la AWFJ rapporte aussi les résultats d’une étude démontrant que plus de 70% des critiques de films sont faites par des hommes. L’article se conclut ainsi:

In summary, women are under-employed as reviewers of film in the nation’s 100 largest circulation newspapers. Not only are women outnumbered as film critics, staff writers, other types of critics, and freelancers, women also review fewer films on average than men. In addition, larger proportions of the films reviewed by women are for films with romantic themes, and those with women filmmakers and women protagonists or ensemble casts. However, the actual reviews written by men and women do not differ significantly in their length or nature. Women and men write equally positive and negative reviews and do not become significantly more positive when writing about films with same-sex protagonists or filmmakers.

Overall, these findings suggest that film criticism in this country’s newspapers is largely a male enterprise, echoing the predominance of men working on screen and behind the scenes in the film industry.

Dans la foulée cette semaine de l’annonce faite par le regroupement des Réalisatrices Équitables concernant la publication de l’étude «Encore pionnières – Parcours des réalisatrices québécoises en long métrage fiction», il pourrait être intéressant de faire le même exercice au Québec concernant la critique!

The Women Behind “Mad Men”

Behind the smooth-talking, chain-smoking, misogynist advertising executives on “Mad Men” is a group of women writers, a rarity in Hollywood television. Seven of the nine members of the writing team are women. Women directed five of the 13 episodes in the third season. The writers, led by the show’s creator Matthew Weiner, are drawing on their experiences and perspectives to create the show’s heady mix: a world where the men are in control and the women are more complex than they seem, or than the male characters realize.

According to the Directors Guild of America, the labor union that represents film and television directors, about 13% of its 8,000 directors are female. Women comprised 23% of television writers during the 2007 to 2008 prime-time season, a 12 percentage point decrease from the same period a year earlier. Nearly 80% of TV programs in the 2007 to 2008 prime-time season had no women writers, according to a study by Martha Lauzen, executive director of the Center for the Study of Women in Television and Film at San Diego State University.

From The Wall Street Journal

Bonne fête, ma grande

Barbie fête son 50ième anniversaire et les médias n’en ont que pour la grande et plantureuse blonde.

J’ai entendu plusieurs personnes s’exprimer à son sujet dans des entrevues: sociologues, féministes, mères, anciens fans, etc. Ils sont nombreux à croire que Barbie et son tour de taille minuscule ont affecté plusieurs générations de filles en leur offrant une image irréaliste de la femme et en encourageant la surconsommation. Je comprends le raisonnement, mais je ne suis pas d’accord avec ces conclusions.

Enfant, je n’ai jamais aimé jouer à la poupée. Peut-être parce que je suis la cadette et que je n’ai jamais vu ma mère s’occuper d’un enfant plus jeune que moi, je n’ai pas eu envie de l’imiter avec un poupon en plastique qui exigeait qu’on change sa couche. Mais jouer à la Barbie! Ah! Ce que j’ai pu jouer à la Barbie!

Barbie était une adulte: elle avait une vie, un boulot, des amis, elle pouvait vivre des aventures et croyez-moi, je lui en ai fait vivre. J’avais la maison de campagne de Barbie. (J’aimais bien la tarte qui cuisait éternellement dans le four!) J’avais la piscine de Barbie (très longue à installer, n’est-ce pas Maryse?). J’avais quelques vêtements achetés en magasin, mais c’est ma mère qui confectionnait la plupart de ses ensembles, parce que ça coûtait moins cher.

Ce que la future scénariste en moi aimait plus que tout quand on jouait à la Barbie, c’était d’inventer des histoires. J’imaginais des situations et j’élaborais des dialogues. Mes amies, elles, préféraient en général l’aspect “mode” de la chose, et insistaient pour de fréquents changements de vêtements. Je me rappelle qu’une fois la Barbie nue, nous la trouvions bien laide avec ses hanches carrées, le grand espace entre ses jambes et cette poitrine exagérée. Ça nous faisait bien rire aussi de voir que Barbie avait constamment les pieds pointés pour pouvoir porter ses souliers à talons. Nous nous moquions d’elle: pourquoi est-ce qu’ils ont fait une poupée au look pareil? Personne n’est fait comme ça!

Je n’ai jamais pensé que je devais ressembler à ça pour être belle, et je crois que c’est aussi le cas de bien des anciennes propriétaires de Barbie. J’ai vu de nombreuses fillettes malmener Barbie, lui couper les cheveux, lui arracher la tête, lui faire des tatouages au stylo. Même Ken y passait! (Moi je gardais tout dans un état impec. C’est dans mes histoires que je me défoulais.) Pour la plupart des petites filles, Barbie était une adulte enfin à notre merci, et on en profitait. Je pense que la plupart d’entre nous étions conscientes qu’il s’agissait bien d’une poupée et non pas d’un modèle à suivre.

Pour agrémenter nos jeux et élaborer des histoires plus intéressantes, j’ai régulièrement demandé en cadeau des figurines en tous genres: G.I. Joe, Big Jim, Big Joe, Ken (un blond et un brun), une Barbie noire, la femme bionique, des indiens, des cowboys, etc.

En grandissant, je me suis débarrassée petit à petit de mes jouets d’enfant, mais j’ai mis des années avant de laisser partir Barbie et sa gang. C’est ma soeur aînée qui en a hérité quand j’ai quitté le pays et ce sont ses fils qui ont abusé des figurines à leur tour.

Il y a quelque temps, ma soeur m’a remis un sac de vieux trucs qui m’appartenaient, incluant mes figurines. Barbie avait disparu, probablement offerte en sacrifice à un monstre menaçant inventé par mes neveux. Ça ne m’a pas attristée: elle n’avait jamais été ma préférée.

Avant de m’en débarrasser, j’ai pensé prendre une photo de famille de ma belle gang… du moins ce qu’il en reste!

Voici le résultat (cliquez pour agrandir):

Ça fait des mois que j’ai pris cette photo. Je devais trouver quelqu’un à qui donner le tout. La fille de ma nièce, peut-être?

Des mois et des mois plus tard, les figurines sont encore dans le sous-sol.

Même les féministes les moins sentimentales ont parfois de la difficulté à dire au revoir. ;-)

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À chaque année à la Journée de la femme ou à la Fête des mères, mon père répétait la même blague à ma mère:

“C’est TA journée. Oublie la vaisselle pour aujourd’hui. Tu la feras demain.”

C’était con, mais on riait tous un peu quand même… sauf ma mère, qui n’avait jamais apprécié l’humour de mon père.

C’est un petit peu l’impression que me laisse aussi la Journée de la femme. ni vu ni connu a donc une catégorie féminisme ouverte 365 jours par année.

La caméra a-t-elle un sexe?

Débat à la Cinémathèque Québécoise, lundi 2 mars à 19 heures.

La rencontre — organisée conjointement par le comité femmes de l’UDA et Réalisatrices Équitables — sera animée par Geneviève Rioux.

Avec Micheline Lanctôt, Paule Baillargeon, Guylaine Dionne, Raymond Bouchard, Jean Pierre Lefebvre et plusieurs autres des deux côtés de la caméra.

Devant la caméra : en faisant une moyenne sur trois ans et pour l’ensemble des productions cinématographiques, les femmes représentent 43,92% de la distribution pour toucher 35,06% des revenus.

Derrière la caméra : en vingt ans, la part de l’enveloppe gouvernementale allouée aux longs métrages réalisés par des femmes, loin d’avoir augmenté, a même diminué pour se situer sous la barre des 15%.

Lors de la récente ronde de décisions de la SODEC (fiction):
réalisateurs 9 / réalisatrices 0

Lors de la récente ronde de décisions de Téléfilm Canada (fiction):
réalisateurs 7 / réalisatrices 0

Pourquoi y a-t-il si peu de réalisatrices de fiction ? Les femmes sont-elles moins attirées par la fiction que leurs confrères ? Le cinéma au féminin est-il victime de préjugés ?

Via Réalisatrices équitables

Ajout le 3 mars 2009: Dans les chiffres récents concernant le financement de la Sodec, il faut aussi considérer que sur les 39 scénarios soumis, seulement 3 avaient une réalisatrice attachée au projet. (Je n’ai pas les chiffres pour Téléfilm Canada.)

Pourquoi y-a-t-il moins de réalisatrices qui soumettent des projets? Bonne question dont la réponse est sûrement plus complexe qu’elle n’en a l’air.

Short and unattractive

“As someone who goes from short to long and back again every couple of years, I’m fascinated by women who cling to the same hairstyle their whole lives or recoil at the chop as if it’s a form of female castration. I never miss the makeover episode of America’s Next Top Model, when contestants throw toddler-hyperventilation fits as bitchy hairdressers take them from shopping-mall big-hairs to Mia Farrows: In this world, right now, what scares you is short hair?”

An interesting column in the March issue of Chatelaine about the fear of short hair on women. I was surprised at the strength of some of the reactions I got recently when I said that I wanted to go short. It felt at times as if I had just announced that I was renouncing all worldly possessions and entering the convent! With the price of salon haircuts and hair coloring these days, I might just have to…

Appel aux filles

J’ai déjà parlé à quelques reprises sur ce blogue de Station C, un environnement de co-travail situé sur le boulevard St-Laurent à Montréal. C’est quoi, un espace de co-travail? En gros, c’est un endroit où on peut louer un coin bureau et des salles de conférence sur une base flexible. Les détails des divers plans de membership sont ici. Vous pouvez aussi lire l’article ci-haut pour plus de détails.

Station C vient de célébrer son premier anniversaire et pour souligner l’évènement, les créateurs de l’endroit ont décidé d’organiser une journée porte ouverte. Parfait pour les curieux et curieuses qui veulent juste voir de quoi ça a l’air, et parfait pour ceux et celles qui ont envie d’essayer d’y travailler pendant quelques heures!

Ça se passe mardi prochain, le 24 février, au 5369 Saint-Laurent #430. Vous pouvez passer à n’importe quel moment pendant la journée ou encore en profiter pour venir luncher avec les membres qui seront présents sur place pour une séance de Open Salad.

Station C a connu une belle première année avec bien des activités et des nouveaux membres. Les créateurs de l’espace ont cependant remarqué un gros détail qui les agace un peu: ça manque de filles!

Dans le but d’attirer de nouveaux membres féminins, Station C offre un spécial anniversaire: du 4 février au 24 Mars, les femmes bénéficieront d’une rabais de 100$ à la signature d’un abonnement de six mois de type “Lite” ou “Résident”. C’est un excellent deal! Il y a toujours bien sûr la possibilité de faire un usage ponctuel de l’espace.

Je vais travailler à la Station de temps en temps et je prévois y être mardi le 24 février. Au plaisir de vous y rencontrer!

Geeky duo

Coolest fictional girl geeks and hackers extraordinaire:
Chloe and Janis from the tv show 24.

I can’t wait for them to meet face to face on the show. I didn’t think I was going to be able to watch another season of 24 (I skipped the last one), but this one’s got my attention! It does help a lot that the female characters are so much more fun this year.

Soupers de filles geeks

L’émission Mange ta ville de ARTV a fait un court reportage sur les rencontres montréalaises Girl Geek Dinners. Si jamais vous vous demandez de quoi ça a l’air une gang de filles geeks autour d’une table (et de quelques gars), c’est par ici!

Correctif

Mes excuses aux femmes qui organisent les Girl Geek Dinners de Montréal. La capsule que j’ai rédigée et qui a été publiée à votre sujet (celle dont je vous avais parlé) comporte des détails qui ne sont pas exacts, mais qui n’étaient pas dans ma version originale. Je sais que vos rencontres sont bilingues et j’en avais informé le magazine. Il semble cependant que le fait que votre site Web ne soit qu’en anglais ait causé de la confusion auprès de la rédaction du magazine.

En guise de correctif, je reproduis ici ma version d’origine et la version finale qui a été publiée. Je ne nomme pas le magazine en question parce que cette équipe est respectueuse de mon travail et nous avons une bonne collaboration. Mon intention n’est pas de jeter le blâme sur quelqu’un. La modification des textes sans vérification finale auprès du journaliste pigiste est pratique assez courante et d’autres pigistes que moi pourraient vous dire que ça aurait malheureusement pu arriver dans n’importe quelle publication. Je publie le tout pour rectifier les faits auprès des Girl Geek de Montréal. Un erratum sera publié dans un prochain numéro du magazine.

Version d’origine:
Les Girl Geek Dinners, vous connaissez? Ce sont des groupes de filles intéressées par la technologie et les nouveaux médias qui se rencontrent pour apprendre et faire du réseautage autour d’un repas. Le concept est né à Londres, mais les GG Dinners ont maintenant des chapitres dans 27 villes du monde, incluant Montréal. Les rencontres ont lieu chaque mois dans un endroit différent et tous sont les bienvenus, même ceux qui croient ne rien y connaître! On commence d’abord par discuter librement autour d’un repas, puis une des femmes est invitée à faire une présentation sur un sujet qui la passionne. Allez-y faire vibrer votre fibre techno!

Version modifiée et publiée:
Les Girl Geek Dinners, vous connaissez? Ce sont des groupes de filles mordues de technologie et de nouveaux médias qui se rencontrent pour discuter et réseauter autour d’un verre ou d’un bon repas. Né à Londres, le concept des GGD s’est propagé comme un virus dans 27 villes du monde, y compris Montréal, depuis décembre 2007. Chaque mois, les “geekettes” se réunissent dans un bar ou un restaurant et échangent sur un thème donné. Qu’on soit une pro ou une technonulle curieuse, les Girl Geek Dinners sont pour nous (même s’ils sont aussi ouverts aux hommes!) Le hic: pour l’instant, ça se passe uniquement en anglais. À quand des GGD en français? L’invitation est lancée!

Les Girl Geek me confirment que certaines présentatrices s’adressent aux participantes en français et que le groupe était à 80% francophone lors de la plus récente rencontre. Bref, si vous êtes intéressée par ces rencontres et que vous êtes francophone, les Girl Geek Dinners sont aussi pour vous.