Fins finauds

C’est petit le Québec, petit en terme de population.

C’est encore plus petit quand on se concentre sur le milieu culturel où tout le monde semble se connaître et où tout le monde aura à se croiser un jour. Ça rend le travail des critiques drôlement difficile, d’autant plus que, vestige du catholicisme, les québécois ont érigé l’art d’être “fin” (ou très très gentil) en vertu. Comme le dit si bien Steve Proulx, sur son blogue chez Voir:

“Cela fait un petit bout de temps que je fais du culturel et, je dois le dire, je commence à compatir avec mes compatriotes. La critique au Québec, hormis quelques rares exceptions, est profondément molle, complaisante. [...] Comment fait-on pour y aller d’une véritable critique quand l’interviewé est fin comme un Guy A. Lepage? Et si on risque tout de même une critique un peu acide, comment fait-on par la suite pour ne pas feeler cheap lorsqu’on recroise l’artiste fin qu’on a descendu?”

Comme je le disais, ça rend le travail des critiques drôlement difficile.

Celui des blogueurs/scénaristes aussi, parfois.

Comments (3)

  1. aj

    Y’know, though, this is exactly what cultural scenes in other cities (particularly London) experience today. There’s a small group of authors / journos / artists / musicians and they all hang out, collaborate, criticize or compete to some degree and it is a microscopic, claustrophobic view. That said, isn’t it great that we have such a healthy and vibrant scene, despite our small population? I mean we could be…Rochester.

  2. C’est drôle. Je lis aj dont le commentaire précède le mien, et j’allais justement dire que je porte une réflexion en ce moment sur “l’attitude québécoise” en ce qui a trait à l’émission d’opinion et de critique. (Je me rends bien compte que je suis la première à me trouver plus à l’aise avec le fin/gentil!) Est-elle un héritage anglais, par exemple, cette façon de commenter, et aurait-elle été différente si elle avait été héritée de la façon plus française, plus franche, moins douillette, moins peureuse, moins rapidement offusquée?

    Je suis à Londres et je trouve que notre [québécoise] façon de discuter est plus “anglaise” que “française”, sans toutefois être en mesure de donner les exemples de la scène anglaise qu’aj donne. Et sans toutefois penser que tout réside là.

    Bref. Il y a certainement du catholicisme là-dessous, et le facteur “petit cercle”, et peut-être l’hypothèse que je sous-pèse depuis un bout de temps, relative à la culture d’origine.

    Ceci dit, mes conjectures ne facilitent pas le travail des critiques et des blogueurs/scénaristes… Désolée! ;)

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