Talents de blogueurs

Pour sa campagne de financement, The Center for New Words organise un encan mettant en vedette des personalités du monde littéraire qui offrent gracieusement leurs services. Parmi les exemples qui m’intéressent le plus, on retrouve la possibilité de voir l’auteur Kathryn Davis écrire une nouvelle à propos de notre animal de compagnie ou de faire réviser notre scénario par Jill Soloway, auteur en chef sur Six Feet Under.

Il me semble que le même principe pourrait très bien s’appliquer au monde des blogues, là où l’on retrouve tellement de talents! Je vois très bien un groupe de blogueurs offrir leurs services pour un organisme de charité. En rêvant un peu et en cherchant dans mon blogroll, je peux facilement imaginer toute une gamme de services offerts:

-Philippe-A mixe les drinks à votre party privé.

-Mère Indigne observe votre famille pendant une journée et vous écrit une nouvelle humoristique sur le sujet.

-Martine des Banlieusardises et Blork unissent leurs efforts pour vous offrir un souper 5 services.

-Chroniques Blondes vous donne des notes et commentaires sur l’idée de scénario que vous gardez secrètement dans vos tiroirs depuis des années.

-Le Capitaine rédige pour vous la lettre dure, directe mais sincère que vous n’osez pas écrire à votre voisin/maire/collègue/ex amant.

-Patrick offre quelques heures de ses services de consultant Web à votre compagnie (qui en a grandement besoin mais qui ne s’en rend pas compte).

-Lightspeedchick fait une sélection de ses jeux vidéo préférés et passe la soirée à jouer avec vous (vêtue de son costume de Wonder Woman).

-Rachel peint un tableau pour vous (elle décide de la taille).

-André emmène votre famille au centre d’achats et fait une photo de groupe.

-Vieux bandit vous offre une traduction (elle décide du nombre de mots).

-Éric aide votre compagnie à se faire connaître sur le Web et Marc lui donne une séance de relations publiques pas piquée des vers.

-Karl fait une superbe photo de vous nu/nue et écrit un poème consacré à votre peau.

-Dominic fait un topo sur votre compagnie et le met sur YouTube.

-Josée Blanchette anime votre repas ou vous fait ses célèbres madeleines.

-Michel et moi on s’occupe de la promo et on joue les maîtres de cérémonie à l’encan.

Je pourrais continuer comme ça encore longtemps. Ben quoi? Votre talent et vos passions m’inspirent! On peut bien rêver, non?

À vos marques… attendez!

La comédie romantique pour adolescents À vos marques… Party!, dont j’ai co-écrit le scénario, arrive en salle le 4 avril 2007. On me dit que la bande-annonce est déjà disponible dans certains cinémas québécois. Je ne l’ai pas encore vue et je suis très curieuse de voir le résultat… En fait, je n’ai rien vu encore du montage mais on m’a promis que ça ne devrait pas tarder. Paraît que la trame sonore est excellente, avec entre autre la musique de Andrée Watters et de Ytheband.

A scary story

One of the advantages of having a significant other who is also a blogger is that you can experience something together, get lazy, let him tell the story and then just link to it.

While we’re on the subject of my s.o., his blog has been nominated in two categories at the Canadian Blog Awards (a fully anglo affair, or so it seems): Best Blog Post Series (Blork blog: of people and places) and Best Activities Blog (for his posts about cooking). You can vote once a day until Friday, December 1st. While you’re at it, why don’t you encourage another Montreal blogger? Kate of Montreal City Weblog has been nominated in the Best Media Blog category.

À un poil du succès

J’ai trouvé pourquoi il y a peu de femmes réalisatrices au cinéma:

Pour être un grand réalisateur, il faut être barbu.

Babel

I saw the movie Babel last night. I had really liked Amores Perros but had gotten impatient with 21 grams. I also lost some of my patience watching Babel, especially towards the end when every story line climbs to a crescendo of tears and despair. Blork and I were talking about the movie afterwards (he liked it) and I couldn’t quite find the words to explain what was bothering me about the film. I felt like each storyline, even though very simple, could have been interesting in and of itself, but that putting them together made them lose their interest.

I always like to read reviews after I see a movie instead of before. This review I found in Salon expressed, better than I could, part of my reaction to Babel:

I guess that’s the point: Our actions may have consequences we can’t imagine, halfway around the world; when a butterfly bats its wings a baby is born, and all that. OK, but in the case of “Babel” what that produces is two powerful and intriguing mini-films whose only connection to each other is a third one that’s barely half as good.

My own reluctant conclusion, after three films of González Iñárritu’s career, is that he’s a brilliant, intuitive director who’s also kind of an intellectual lightweight. That’s no crime when it comes to filmmaking; nobody ever accused Scorsese or Fellini or Hitchcock of philosophical profundity either. I hate to criticize anybody for artistic ambition, but the problem with “Babel” isn’t that it’s a bad movie. It’s a good movie, or, more accurately, it’s several pieces of good movie, chopped up in service of a pretentious, portentous and slightly silly artistic vision.

Of course, this doesn’t take anything away from the great performances of Adriana Barraza and Rinko Kikuchi.

Welcome and bienvenue

Après plus de 4 années passées sur Blogger, ni.vu.ni.connu vient de s’offrir un déménagement de luxe sur la plateforme de publication WordPress. Le beau design inspiré du thème “angoisse de la page blanche” est une gracieuseté de Eric de Hippopocampe et le déménagement et le soutien technique m’ont été généreusement offerts par Patrick de i never knew. Deux des plus belles têtes de Yulblog. Je sais quand même les choisir, tsé. Merci les gars. Je vous en dois une.

Bienvenue donc dans cette nouvelle phase de ni.vu.ni.connu et n’oubliez pas de mettre à jour vos fils RSS!

_____________

After 4 years spent on Blogger, I have finally (yes, finally!) moved to WordPress, thanks to the two hottest Yulblog bachelors: Eric did the great “fear of the blank page” inspired design and Patrick took care of all the scary, annoying technical and organizational aspects of the move. I am very grateful to the two of them for their help (and good looks) and owe them big.

So welcome to this new phase of ni.vu.ni.connu. Explore the new menu and don’t forget to update your RSS feeds!

Croisements

Il paraît que je vais croiser le doc Mailloux ce soir. Eh ben.

Plaisir télévisuel sadique

“Le Québec, c’est comme le village d’Astérix. Toutes les batailles à coups de poissons pourris se terminent par un banquet. Par une poignée de main.”

Stéphane Laporte a raison, mais c’était quand même quelque chose de voir Richard Martineau se faire planter par Passe-Partout!

De la solitude de l’auteur à la table des dédicaces

Les Salons du livre sont des foires très étranges où le lien avec la lecture est complètement dénaturé pendant quelques jours. Des activités fondamentalement intimes comme l’écriture et la lecture, sont catapultées dans la sphère publique et se transforment tant bien que mal en spectacle.

Qu’il est seul, l’auteur assis derrière une petite table, avec sa pile de livres et son stylo, avec les gens qui passent et le regardent, puis regardent la couverture de son livre, puis le regardent de nouveau, désespérant d’y trouver un visage connu, passant leur chemin ou pire, s’arrêtant pour demander “où sont les toilettes?”, “où est Dodo?”, “avez-vous des livres sur l’héraldique?” Qu’on lui demande de dédicacer un signet “parce qu’on les collectionne” et voilà l’auteur embêté mais tout de même reconnaissant de se voir offrir quelque chose à faire.

L’auteur est habitué à la solitude puisque son travail quotidien l’exige. Il la vit bien, généralement, car il en a fait le choix. Mais c’est la solitude dans la foule qui est la pire de toute. Celle quand on a les projecteurs braqués sur soi mais qu’on n’arrive tout de même pas à attirer l’attention, ou pire, quand on l’attire mais pour les mauvaises raisons.

Et voilà, coup de chance, un lecteur qui s’approche. Un vrai lecteur. Quelqu’un qui a lu un des livres de l’auteur et qui a la générosité et la bravoure d’en partager ses impressions. La timidité cède la place à la gratitude qui elle se transforme au cours de l’échange en une sorte de gêne. Il y a quelque chose de fondamentalement impudique dans ce partage entre le lecteur et l’auteur. Un inconnu dit à l’écrivain : «vos mots ont occupé mon temps, ma tête. J’ai pénétré votre univers. Et j’ai aimé ça. » (ou non, mais c’est tout aussi gênant) Il y a comme une bulle soudaine d’intimité, comme un effleurement échangé là, devant tout le monde, même devant ceux qui ne prennent pas le temps de regarder. Et le lecteur repart et l’auteur est tout seul avec ce goût de l’autre qui reste pendant un court moment puis s’évapore dans l’air étouffant du hall d’exposition.

N’allez pas croire que ce fut mon expérience d’auteur au Salon en fin de semaine. Je parle complètement à travers mon chapeau. Enfin, pas complètement. C’est ce que j’ai imaginé en me promenant dans le Salon après avoir terminé ma séance de signature. J’ai regardé les auteurs et je me suis demandé comment ils se sentaient, comment je me sentirais à leur place. Mon expérience a été différente parce que le livre sur lequel j’ai travaillé a été co-écrit, que le sujet n’en était pas un très personnel et que nous avions eu la bonne idée d’inviter deux acteurs de Lance et Compte à venir signer des livres avec nous. Toute l’attention a été tournée vers eux et sincèrement, c’était très bien comme ça. Je pouvais relaxer et jaser avec les gens. “Vous aimez la série cette année? Vous la regardez depuis le début?” Jason (Guy Lambert) et Éric (Mac Templeton) étaient très habiles et patients avec les fans et les lecteurs, réussissant l’exploit d’être chaleureux sans condescendance, avec une sincère gratitude envers les fans et les curieux, redirigeant même souvent l’attention vers monsieur Héroux et moi, expliquant que non, ce n’étaient pas eux qui avaient écrit le livre, que non, monsieur Héroux et moi n’étions pas les auteurs de la télésérie mais bien d’un livre sur la télésérie et que non, on n’allait pas leur dire ce qui va se passer pendant l’épisode final de mercredi prochain même si on le sait.

Je restais parfois en retrait et notre éditrice me poussait un peu « allez, prends les livres aussi et signe! » J’ai donc saisi le livre d’une dame qui attendait la signature de Jason et j’y ai apposé mon nom. Son visage s’est durci. “Pourquoi vous avez écrit dans mon livre, vous?” J’ai voulu me cacher sous la table, j’ai marmonné que j’étais la co-auteure et j’ai refilé le livre à Jason, me promettant bien qu’on ne m’y reprendrait plus. Mais bon, on m’y a repris et le reste de la séance de dédicace fut plus agréable.

Quand notre tour s’est terminé et que nous avons cédé la place à d’autres auteurs de Flammarion, je suis allée me promener parmi les kiosques, observant les gens, espionnant du coin de l’œil les auteurs, essayant de voir si l’exercice leur plaisait. Et si je voyais un auteur que j’aime, est-ce que j’irais lui parler? Qu’est-ce que je pourrais bien lui dire? Je me coincerais les pieds dans les mots, c’est sûr. Je serais mal à l’aise et je parlerais trop ou je ne saurais pas du tout quoi dire. Je préfèrerais envoyer une lettre à l’auteur. Ça me ressemble davantage.

Au kiosque d’une grande maison d’édition, alors que j’observais un employé dont on m’avait parlé pour son fameux caméo dans un roman bien connu des dernières années (ah, les commères), je suis tombée sur le roman d’un auteur québécois dont je ne connaissais que le nom mais pas l’oeuvre. J’ai lu les premières pages et j’ai été renversée par la force et la beauté de son écriture. En payant son roman, j’ai demandé, comme ça, à la caissière, si l’auteur avait été là aujourd’hui. “Ben oui, il est encore là! Yvon! Viens signer un livre!” L’auteur était au bout du comptoir, en train de mettre son manteau pour quitter le salon. Ne me demandez pas pourquoi mais j’étais morte de gêne. J’ai eu envie de dire “non, non , ne le dérangez pas!” mais je savais que ce serait ridicule. L’auteur est venu vers moi et m’a demandé doucement mon prénom. Je lui ai cédé ma place au comptoir et me tournant le dos, il a écrit pendant ce qui m’a semblé une éternité. Était-il en train de faire quelques dernières révisions à son roman? Finalement, il s’est retourné vers moi et m’a remis le livre avec un simple sourire. Je suis partie sans regarder la dédicace. Mais qu’est-ce qu’il avait bien pu m’écrire?

Je n’ai ouvert le livre qu’une fois bien installée dans le métro, loin du regard sage et un peu coquin de l’auteur. La dédicace parle du courage du lecteur face au nouveau siècle, de toute évidence une référence au contenu du roman que je n’ai pas encore lu.

Sous les eaux du fleuve St-Laurent, dans le métro qui me ramenait à toute vitesse vers ma solitude face aux mots, j’ai songé au courage du lecteur qui, à chaque fois qu’il ouvre un livre, fonce dans le silence et le noir, brise la barrière de l’intime et donne temps et confiance à l’auteur, à l’inconnu, à l’autre.

Ça vaut la peine, parfois, de sortir de chez soi.

Auteurs/blogueurs

Je viens de trouver un autre auteur/blogueur qui sera au Salon du livre de Montréal dans les prochains jours alors j’ai décidé de mettre ma petite liste à jour. Il y aura donc:

-Stéphane Dompierre
-Steve Proulx
-Yannou
-Matthieu Simard
-Nicolas Dickner

Si vous connaissez d’autres blogueurs/auteurs qui y seront, faites moi signe!

Et si vous allez au Salon, habillez-vous légèrement. (Non, non! Pas pour être cute! Parce qu’il fait chaud en maudit dans la place.)