Passage en Toscane

Le voyage tire à sa fin. Plus que trois jours et nous sommes de retour à Montréal. Nous avons loué une auto jeudi en quittant Florence - une Peugeot 107 qui, étrangement, attire bien des regards sans qu’on comprenne pourquoi. Je n’y connais rien aux autos alors peut-etre que c’est un nouveau modèle.

Nous sommes dans un Bed & Breakfast à Cortona, une des nombreuses villes de la Toscane installée au sommet d’une colline. On en a gravi des rues de pavés inégaux! Ouille! Blork tente de me convaincre que ce type de construction est typiquement catholique, faisant de chacun des habitants de ces villages hauts-perchés des martyrs du quotidien.

Hier nous avons emprunté de petites routes sillonnant la Toscane autour des villes de Pienza, Monticchellio et Montalcino. Le paysage est superbe, avec des variétés de vert infinies, le genre de paysage qu’on voit sur les cartes postales de la région. Nous venons d’arriver à Sienne et oui, le temps est encore superbe, ensoleillé et sec. Juste quelques heures de pluie pendant tout le voyage. Je dois mener une bonne vie!

Hier soir alors que nous sortions d’un restaurant vers 22h30, nous sommes tombés sur une fête médiévale en plein coeur de la ville de Cortona. Les gens de la place portaient les vêtements d’époque et les enfants s’amusaient comme des fous avec les divers jeux installés pour eux. Je dois avouer que je ne suis pas forte sur les festivals du type Renaissance ou Médiéval mais voir ce genre de choses dans une ville ou c’est pertinent (vs voir ça dans le parc régional de Longueuil) change mon appréciation du phénomène.

Malgré tout ça - l’humaine que je suis étant ainsi faite - ça ne me pèse pas de rentrer. J’ai hâte de revoir mon monde, mon chat, ma maison, mes projets. Montréal ne me manque pas par contre et plus je la quitte, plus je me rends compte que je n’y suis pas très attachée. C’est une ville dont j’apprécie le rythme de vie, les gens et les possibilités culturelles mais c’est une ville dont je n’arrive pas à trouver la beauté, d’un point de vue esthétique. Mais ça, c’est un sujet à développer plus tard…

Saving Rome

I wrote yesterday about how external elements (temperature, mood, health) can affect the way we perceive a city when we’re traveling.

While waiting for our plane to board in Montreal, I picked up a copy of Saving Rome, by Megan Williams, a Canadian born writer and journalist who lives in Rome. I hadn’t heard of her or her book but I got curious and I bought it anyway. I am very, very glad I did. It’s one of the best collection of short stories I’ve read in a long time, with great insight and characters - a lot of them expats living in Rome. I was touched, surprised, I laughed out loud and I couldn’t help but read numerous passages to Blork who has now started to read the book.

I’m not a very “romantic” person and I don’t like to idealize the places I visit, even when I’m a tourist. “Saving Rome” gave me a good sense of what it would be like to drop everything and move to Rome tomorrow morning: not easy! But even with its realistic views, the stories managed to show admiration and attachement for a city full of charm and contradictions. No need to know Italy or plan on travelling there to appreciate this book. I hope it gets the recognition (and sales) it deserves!

And it really made me want to write, which is always a sign of my enthusiasm for a book…

Humeur florentine

Quand on voyage pendant une bonne durée de temps, on passe immanquablement par plusieurs émotions et il y a toujours un moment où la fatigue se fait sentir et influence notre vision des choses. Nous sommes aujourd’hui à Florence sous la première pluie rencontrée depuis le début de notre voyage. Il y a beaucoup de touristes et la ville me parait un peu grise, dénuée des couleurs et de la splendeur auxquelles je m’attendais. Ça n’a probablement rien à voir avec Florence et c’est plutôt une question d’humeur, de nouvelles qui arrivent par courriel (je pense à toi, Beth) et d’autres nouvelles qui n’arrivent pas…

Je disais à Blork hier que les vacances d’une pigiste sont d’étranges choses. On force une pause artificielle dans un horaire de travail variable, ce qui veut dire qu’on doit soudainement se convaincre que c’est bien de flâner et de perdre son temps! En même temps, l’idée de retourner au travail ne nous horripile pas puisqu’en général les pigistes choisissent leur travail. Il est donc difficile de décrocher complètement et de ne pas se questionner sur les contrats à venir et sur notre futur.

Florence sera donc sous la pluie, si on en croit la météo. J’y reviendrai peut-être un jour et j’en aurai une toute autre impression, selon le temps, les nouvelles et… mes humeurs.

Chilling out in Cinque Terre

Monday morning. We’re still in Riomaggiore (our studio is way up on this hill) in the Cinque Terre area. The small window in front of my computer screen faces the sea. Not a rain drop in the 11 days we’ve been here. All the emails I get from back home tell me how bad the weather has been in Montreal since we left… Sounds like I got good timing, for once.

It’s nice to be outside of a city and even though there are quite a few tourists around, they are mostly the hiking type and the place doesn’t feel too crowded, especially at night. We’ve walked for eight hours a day since we’ve been in Italy but yesterday we took an official hike, climbing up a mountain which offered us a gorgeous view of the village and the sea below. We also got a good view of a man with his pants down and a woman working on him… They were blocking the trail and didn’t seem to realize that we were there, so as the polite Canadians that we are, we tried to make a little bit of noise and waited for them to notice us. They took their sweet ass time, so to speak, but finally stopped their business and walked back to their car (that section of the trail crossed a road). The man, who looked German, gave Blork a little sideway smile when we passed their car.

As we kept on walking the trail, Blork, being the good polite anglo that he is, wondered what the proper European etiquette was in such a situation. Should we have just walked by, acting like we didn’t know what was going on so they could keep at it? I told him I didn’t think Italian etiquette covered that issue but we could always ask the Pope next time we’re in Rome.

I fully deserved a gelato when we arrived to Venazza and I decided to try the pinolate flavor (pine nuts) which tasted like a milder version of coconut, without the overwhelming sweetness. Very nice. I really love pine nuts and there are a lot of dishes here that include them.

Today we’re taking it easy, walking along the sea to the next village, finding a nice spot to read a book and rest our feet. Tomorrow we’re taking a couple of trains to Florence (we have to decide if we want to stop in Pisa or not) and then we’re renting a car for the last section of the trip during which we will explore Tuscany, with a B&B in Cortona as our base until we head back for one last night in Rome. Then we take the plane back to Montreal, but that’s not for a little while so I better go enjoy the sun while it’s there…

Dispatch

Left Venice this morning. Got to Riomaggiore in the early evening. Speechless. Amazing studio with terrace overlooking the water. Walked around the village as the sun set over the ocean. Weather is perfect. Had the bad idea to check my e-mail before dinner. Got disappointing news about a potential job. Oh well. This has to be the best place on earth to get some bad news, shrug it off and find a nice place to go eat dinner.

Which I’m going to go do right away.

L’envers du décor

Le petit poste internet ou nous sommes à Venise fermera dans quelques minutes alors je vais faire ça vite. (Moi? Faire ça vite?)

Si je fais ça vite, ça veut dire que je ne peux pas vous décrire Venise… J’hésitais à la mettre sur notre itinéraire car j’avais peur que ce soit un Disneyland atroce mais comme on m’en avait dit beaucoup de bien et que Blork n’y était jamais venu non plus, nous avons pris une chance. Et c’est tant mieux. Oui, c’est un peu un zoo, quand on se retrouve coincé dans une rue étroite ou sur la place St-Marc avec des hordes de touristes qui marchent dans toutes les directions. Mais mamamia! Que c’est agréable dans les petits coins un peu plus éloignés, là où on peut voir les vénitiens se promener (ça se promène beaucoup, des italiens), faire leurs courses ou nous engueuler parce qu’on touche aux fruits avant de les acheter (on ne le fera plus jamais, promis).

Nous avons eu une expérience tout à fait vénitienne aujourd’hui: une partie ratoureuse (mangeuse de touristes) et une partie petite extase. Je ne peux pas entrer dans les détails par manque de temps mais disons que nous avons eu deux tours de gondole - cadeau de deux généreux amis montréalais - pour le prix d’un. Le premier tour (le seul prévu au départ) fut décevant mais le deuxième (offert en compensation) avait une touche de magie que j’espère vraiment avoir capturé en photo.

Oh, et il fait toujours beau… jusqu’à maintenant!

Roman adventures

I am writing from an “internet place” in Rome, surrounded by youths checking their e-mails, while our clothes are being boiled into a strange soup by a mean machine back at our rented appartment. Blork and I spent 20 minutes trying to figure out the instruction manual for the supposedly highly efficient washer and dryer that came with the place we rented. The instructions were so convoluted that we ended up washing white, basic clothes, for fear of serious color blending and permanent damage. We started the machine and left to go visit St-Peter’s cathedral.

5:30pm seemed to be the perfect time of the day to be at the Vatican since there was no line at all and the place wasn’t crowded. I wanted to ask the pope some laundry advice (his stuff is always so white and clean) but since he’s not Italian he wasn’t at his balcony to hang his clothes so we decided to go to dinner. We went to a great pizza place (yes, enough pizza for now) and walked back home 3 hours later to find the washing machine still running. The water was so hot I could barely touch the machine. Oh oh…

Blork dove into the instruction manual again, swearing like a madman. See, he makes a living as a technical writer and this was a very lame manual and very lame instruction manuals make him very impatient. We stopped the machine without knowing if the clothes were rinsed or not and we started the drying cycle and then left to come to the Internet place. I’m expecting that our clothes will still be wet by the time we have to pack them tomorrow morning to leave for Venice. Oh well. I hear it’s a pretty damp city anyway.

I saw true beauty in the last 6 days, places so stunning you can’t believe you are looking at them. Yet I know that when I’ll think back about that trip, it’s the crazy little adventures I’ll remember the most. Like that stupid washing machine story. Like the way we entered a big post office today and could not for the life of us figure out how to get stamps for a postcard. We kept being sent from one counter to the other until we decided to use an automated stamp machine. Ha! How arrogant of us to think it would work!

Actually, it did work… for the first postcard. But by the time we felt confident enough to buy a second stamp, the machine took our money, gave us a receipt and refused to give us the stamp we had just purchased. We ended up asking a security guard for help: “We put money for the postcard, did everything right but no stamp came. Nothing!”. He was a friendly guy who barely spoke a word of English but finally understood our problem and pointed to the machine with a big smile on his face and said, triumphantly: “Ha! Money for nothing! Dire Straits!” Finally, he had to call two other people for help. They argued in Italian around the machine for a few minutes but they ended up telling us that this was a new and very stupid machine, took our postcards from us and promised to mail them.(Message à ma soeur: si mes neveux ne reçoivent pas leur carte, il faudra accuser la poste italienne…)

Another story I’ll remember for a long time is the way we got lost on the outskirts of Rome yesterday, trying to return the scooter we had rented (before the cut off time of 7pm). We kept going in circles and when I begged Ed to stop the scooter because I was convinced he was going in the wrong direction - Naples was not our ultimate destination after all - we got the map out and realized that we were lost at the corner of Via Marco Polo and Via Christopher Columbus! How appropriate! Just like us: great explorers, bad sense of direction.

When we finally found our way back towards the rental place in the city, we got stuck in a freak Sunday night traffic jam. Turns out there was a protest going on and the carabinieri had blocked the streets. We finally made it to the rental place and arrived at 6:59…

The scooter allowed us to see parts of Rome where tourists don’t hang out, grittier, more modern areas with regular people going about their business. Since this was my special day, being my birthday, after the scooter ride Blork treated me to a fancy, non-touristy restaurant which didn’t serve the usual tourist fare. We drank an amazing bottle of wine (Gaja) and I almost died of pleasure when I took the first bite of my appetizer: pecorino flan with a pear coulis. God. I wish I could give you a taste! We walked back home, got lost again (yeah, my fault this time) and arrived at the hotel happy and exhausted.

It was a great, memorable birthday! Thanks to all of you for the good wishes. It was nice to find all of your messages tonight.

I better go check on that laundry now…

Finir ça en grand

Aujourd’hui c’est officiellement la dernière journée de ma trentaine. J’ai mal partout, je suis courbaturée mais je crois que je vais blamer ça sur le fait que je marche dans les rues de Rome 10 heures par jour plutôt que sur le fait que je prends de l’age… (Je n’arrive toujours pas à fonctionner les accents circonflexes sur les claviers italiens, en passant.) Il fait un temps superbe: 22C le jour et 16 le soir. Le temps est sec et il n’y a pas un nuage (du moins à Rome). La température parfaite pour être touriste! L’appartement que nous louons est situé sur le Campo De Fiori: un grand square ou il y a marché tous les matins (une petite version du marché Jean-Talon mais les italiens s’y engueulent davantage) et le soir les bars et les terrasses sont remplis de touristes et de gens de la place. Ça bouge tout le temps! On a réussi à couvrir le bruit dans notre appart en faisant fonctionner un ventilateur et de toute mainère on se couche épuisés le soir.

Blork nous a déjà établi une petite routine du cappuccino tous les matins, bus au comptoir d’un bar avec un cornetto (un croissant) trempé dedans. Moi qui ne bois jamais de café, me voilà convertie, du moins pour le temps du voyage.

Blork sait comme j’aime les scooters et il en a réservé un pour qu’on se balade dans des coins plus reculés de la ville demain. La circulation est complètement folle ici et c’est le chaos total, avec des autos, des motos et des piétons partout. On avait lu quelque part que c’est un peu plus calme le dimanche et comme mon anniversaire tombait un dimanche, on prend le risque! J’aurais du allumer quelques lampions dans les 3 églises que nous avons visitées aujourd’hui pour m’assurer d’être dans les bonnes grâces d’un saint ou d’un ancien pape…

Pensez à moi en ce premier dimanche de cette *ahem* nouvelle étape de ma vie et priez les multiples dieux romains pour que la balade en scooter ne soit pas fatale et que j’aie l’occasion de gouter à plus d’une journée de ma quarantaine! Heh heh…

La vie est douce

Wow.

Y’a pas d’autre mot.

Wow. Ayoye. Oh my god.

J’ai trouvé d’autres mots mais ce sont encore des mots bouche-bée, des mots qu’on prononce sans oser les dire tout haut, sans trop ouvrir la bouche parce qu’ils ne correspondent à rien de ce qu’on voit.

Rome est hallucinante, folle, débordante de tout. Je n’ai jamais vu autant de scooters et autant de prêtres et autant de prêtres sur des scooters. Tout ce que j’ai vu aujourd’hui était en ruines mais c’est une bonne chose puisque nous avons passé la journée au Forum et au Colisée.

Je vous écris d’un petit café Internet que nous venons de découvrir au hasard d’une promenade, dans une rue ridiculement étroite, alors que nous avons pris le mauvais détour (après avoir bu d’excellents vins sur une terrasse). Mais il n’y a pas de mauvais détour ici bien sur. Du moins je ne les ai pas encore vus. Ou pris.

Je ne peux pas croire que ce n’est que le début du voyage et non l’apothéose. Nous sommes dans ce pays jusqu’au 30 mai. Je me doute bien que j’aurai plus d’une occasion d’être bouche-bée. J’aurais aussi probablement l’occasion de trouver tous les accents sur le clavier mais pour l’instant pas de chance…

J’ai presque envie de vous lâcher un cliché, comme ça, juste parce que la soirée est superbe.

Non, je n’ose pas.

Oh allez, si! J’ose.

La dolce vita.

Ben oui, la vie est douce. même s’il y a un bar près de l’appart que nous avons loué sur le Campo de Fiori et que nous nous sommes endormis hier, épuisés du long voyage, au son des thump-thump-thump de la musique montant jusqu’à nous.

Je vous laisse. Je sens l’appel de mon deuxième gelato. Deuxième en deux jours. Tout de même, je suis raisonnable.

C’est un départ!

Des nouvelles de Rome à venir…