200368465

G8

Stephanie de Climb to the Stars nous offre des photos de Lausanne, sous les barricades, en pr�vision du G8.
Dans la derni�re photo, on annonce un pique-nique “canadien” g�ant sur la plage. Un pique-nique canadien? �a mange quoi �a, en hiver?

200364777

Entasser l’invent� sur l’existant

Il m’arrive souvent de fr�quenter les librairies plusieurs fois par semaine. J’aime �tre entour�e de livres et j’aime bien conna�tre les nouveaut�s, faire des recherches, etc. Maintenant que je travaille moi-m�me sur un projet litt�raire (�a fait moins lourd � porter que “roman”), je questionne la pertinence de cette habitude. Il m’arrive d’entrer dans une librairie et de ressentir un grand vertige � la vue des nombreux livres qui sont publi�s � chaque semaine. “� quoi bon �crire?”, que je me dis, d�courag�e par la quantit� d’oeuvres, par l’abondance de talent et le fait que la plupart de ces livres ne trouveront jamais preneur. Je sais, je sais. La motivation doit �tre int�rieure. On �crit parce qu’on ne “peut” rien faire d’autre, parce qu’on en a envie. Parce que �a fait mal quand on ne le fait pas. Je sais tout �a. Je n’arrive tout de m�me pas � faire taire toutes mes angoisses.

C’est pourtant une librairie qui a offert un �cho rassurant � mes doutes. Hier, alors que je furetais sans but pr��is, je suis tomb�e sur un petit livre qui a attir� mon attention: Le chant de l’�tre et du para�tre, de Cees Nooteboom, un auteur n�erlandais que je ne connaissais pas du tout, mais que l’on a compar� � Calvino et Borges. Ce roman rempli d’esprit et d’humour relate les questionnements d’un �crivain sur l’acte d’�criture, tout en nous offrant en alternance les fruits de son labeur, c’est � dire le roman qu’il est en train d’�crire.

Le spectacle d’un �crivain seul dans son bureau a quelque chose d’indiciblement triste. T�t ou tard dans la vie d’un �crivain vient le moment o� il doute de ce qu’il fait. Le contraire serait peut-�tre surprenant. Plus un individu avance en �ge, plus la r�alit� devient envahissante, et en m�me temps moins elle l’int�resse – il y en a tant. Faut-il encore y ajouter quelque chose? Doit-on vraiment entasser de l’invent� sur l’existant pour l’unique raison que, jeune encore et n’ayant gu�re t�t� de ce qu’il est convenu d’appeler la r�alit�, on a imagin� soi-m�me un peu de pseudo-r�alit� et que tout le monde, d�s lors, vous a baptis� �crivain? [...]

Son histoire avait �videmment d�j� �t� �crite quelques centaines de fois, mais par la vie elle-m�me. D’un autre c�t�, on pouvait en dire autant de n’importe quoi. Chaque variante avait d�j� �t� invent�e, puisqu’elle avait d�j� �t� v�cue. Il y avait des �crivains pour penser qu’en �crivant une histoire ils �clairaient un aspect de la r�alit�, mais � quoi bon? Cette clart� ferait tout au plus partie de la r�alit� du lecteur, et qu’�tait le lecteur, en derni�re analyse, sinon le sujet possible d’une histoire?

Je suis curieuse de conna�tre la suite.

200358296

Chaud lapin et nouvelle fra�che

On sait qu’un blogueur blogue vraiment plus vite que son ombre quand on apprend d’abord par lui qu’un de nos bons copains vient d’ouvrir son blogue. Mais il fait comment, ce cowboy de JLR, pour d�gainer aussi rapidement?

Deux billets seulement et le nouveau carnet de St�phane – mon ancien coll�gue � l’�mission Branch� et celui � qui j’avais d�di� mon deuxi�me billet – promet d�j� de nous offrir de tr�s belles lectures! Allez mon Steph, je te garde � l’oeil et je ne te laisserai pas abandonner ce projet en cours de route! ;-) Et c’est quoi cette histoire de lapin lilliputien?

Et tiens, puisqu’il est question de Branch�, m�me si l’�mission n’est plus produite depuis mars 2001, Radio-Canada a fait l’heureux choix de conserver les archives de l’�mission. On peut m�me retrouver les fichiers vid�os de nos reportages. Si vous �tes curieux, voici une de mes anciennes chroniques t�l� en RealVideo qui devrait faire sourire la Grande Rousse. Et puis tous les maudits fran�ais qui veulent dor�navant aller voir Les Invasions Barbares (sans sous-titres, s.v.p.) peuvent utiliser ce petit segment pour r�chauffer leurs oreilles � l’accent qu�b�cois!

200357204

When I grow up, I want to be an old woman

Want ad:
Before I turn 67 — next March — I would like to have a lot of sex with a man I like. If you want to talk first, Trollope works for me.

Jane Juska, 70, newly famous author of Round-Heeled Woman: My Late-Life Adventures in Love and Romance, interviewed in Salon Magazine. Get the free day pass to read the interview and the review of her book.

200354161

Remue-m�nage

Les portes des garde-robes grandes ouvertes: tu ranges les v�tements d’hiver, essaye quelques robes d’�t� et choisis de te d�barrasser de quelques-unes d’entre elles. Il t’est plus ou moins facile de te d�barrasser de ces v�tements selon les souvenirs qui y sont attach�s. Il y a cette jupe, mignonne, courte, que tu osais davantage porter il y a quelques ann�es, quand tu croyais pouvoir te le permettre. Il y a ce chemisier bleu clair que tu enfilais lors des premiers rendez-vous, parce qu’il semblait te porter chance. Allez. Ne sois pas sentimentale. Va porter ces morceaux � l’Arm�e du Salut.

Cet exercice autrefois joyeux et lib�rateur a pris toute une autre signification pour toi depuis la mort de tes parents. D’abord ta m�re, femme si pr�voyante, mais qui cette fois-l� n’avait absolument rien vu venir. Chacun des tiroirs que tu ouvrais d�clenchait � nouveau tes larmes. Ses v�tements si bien pli�s, ses objets de toilette pr�ts � �tre utilis�s le lendemain, son petit porte-monnaie dans lequel elle rassemblait l’argent �conomis� pour sa visite imminente � Montr�al. Tu aurais voulu attendre, laisser ses choses en place pendant quelques semaines, garder cette pr�sence, impr�gner ta m�moire de ses odeurs. Et tout �a �tait si lourd � r�gler alors que tu �tais sci�e en deux par la surprise et le chagrin! Mais voil�, tu savais qu�il fallait s’occuper de tout maintenant, pour ne pas laisser tout ce travail difficile � ton p�re, d�j� tr�s �prouv�.

Puis ce fut son tour � lui, et � nouveau, avec tes s�urs et ton fr�re, vous avez grand ouvert les portes des garde-robes et des tiroirs, d’abord g�n�s par cette intimit�, puis curieux de conna�tre l’autre facette de cet homme dont le souvenir allait tristement s’effacer. Vous vous �tes �tonn�s devant ce qu’il avait fait le choix de conserver, vous avez tent� de comprendre ses papiers �pars, vous avez pay� ses derniers comptes, annul� la livraison du journal, distribu� les meubles. Vous vous �tes s�par�s quelques rares objets entre vous et puis voil�, c’�tait fini. Les pi�ces �taient vides. Les traces de son passage s’�taient effac�es en trois ou quatre jours, tout au plus. Restaient les marques de nicotine sur les murs, qui elles aussi allaient dispara�tre sous le pinceau du concierge de l’�difice, quelques jours plus tard.

Maintenant que tu as v�cu le deuil, maintenant que tu as fait le grand m�nage � quelques reprises, tu ne regardes plus ton appartement et son contenu de la m�me mani�re. Chacun de tes gestes est marqu� par l��ph�m�re. Tu ranges tes dossiers avec plus de soin et tu perfectionnes ton syst�me de classement. Un �tranger s’y retrouvait en quelques minutes et pourrait r�gler tes finances. Tu ne quittes pas la maison sans faire un peu de rangement. Tu jettes rapidement les vieilles chaussettes, les v�tements d�fra�chis. Tu ne veux plus accumuler d’objets sous pr�texte que tu t’en d�barrasseras plus tard. Tu songes � donner les mots de passe de ton courriel et de ton blogue � quelqu’un qui pourra fermer boutique, au besoin. Tu ne sais cependant pas quoi faire de ces vieux journaux intimes, mis � jour pendant des ann�es. Et si on les lisait et qu�on se m�prenait sur toi, tes sentiments, tes intentions? Tu ne veux pas non plus qu’une autre personne que toi ait la responsabilit� d’en disposer, mais en m�me temps tu n�arrives pas � effacer ce bout de m�moire pour de bon.

Tu n’as pas de pressentiment. Tu n’es ni triste ni morbide. La vie t’a fait comprendre qu’elle est impr�visible et qu’elle concerne principalement ceux qui restent. Tu penses donc � eux, ceux qui resteraient, et quand tu penses � eux de cette mani�re, tu es saisie d’une envie de leur rendre la vie plus facile. Il leur faudrait trois ou quatre jours, tout au plus, pour s’occuper des garde-robes, tiroirs, meubles, cds, bouquins et papiers. Le reste, tu n’y peux rien.

200341850

Cannes et b�cane

Marie-Jos�e Croze ne se doutait de rien, mais d’absolument rien, quand elle a cadenass� son v�lo hier midi devant le bar Chez Roger, o� elle participait � l’�mission de Christiane Charette � la t�l�vision de Radio-Canada.
La timide actrice de 33 ans portait un long imper brun, un haut noir, un pantalon de velours c�tel� beige et des chaussures de plein air. [...] Comment Marie-Jos�e Croze se sent-elle d’avoir dam� le pion aux Kidman, Rampling et B�art? �C’est incroyable, hein? Je me sens mal, je vais les appeler chacune. Je suis navr�e pour Nicole Kidman�, a blagu� la laur�ate en conf�rence de presse, hier apr�s-midi.

(Hugo Dumas pour La Presse)

C’est quand m�me incroyable que notre industrie du cin�ma qu�b�coise soit si “modeste” qu’elle n’ait pas pu se permettre de garder ses acteurs � Cannes pour quelques jours de plus. Mais je ne vais pas vraiment m’en plaindre: je pr�f�re quand m�me qu’on investisse dans les prochains films plut�t qu’on d�pense de l’argent pour ceux qui marchent d�j� tr�s bien.

Et puis elle est cool (et typiquement qu�b�coise), cette Marie-Jos�e Croze qui arrive simplement � v�lo pour apprendre, en plein coeur du quartier Rosemont, qu’elle vient de gagner le prix d’interpr�tation f�minine � Cannes. C’est pas Nicole Kidman qui se d�placerait � v�lo comme �a, sans pr�tention!

200341426

Mexico: The photos

You read about it, now is the time to see the pictures! I’ve managed to post the photos of our trip to Mexico before our tan lines disappeared. Not bad! Before you look at them though, here’s a little bit of info:

-All photos were taken with my digital camera, a Canon A40 (2 megapixel). It was the first time I took a digital camera on a trip and I loved it! We still haven’t developed the “regular” photos, taken with B’s 35mm camera.

-To create this online album, I’ve decided to use a program called Jalbum, which was recommended to me by a reader. It’s a great program, it’s easy to use and you don’t have to fuss around with your server. And it’s free, which is very impressive! If you have some design talent and you are interested in the tool, go ahead and create more skins for it!

-There are 6 folders for the 6 towns we visited. Once you click on a folder, you will get thumbnails of the photos. The default layout I picked uses the mouseover technique, but you can also click on the thumbnails and open up a slideshow to see only one photo at a time. Once you are done with the photos from a specific city, you have to click on the button with the little squares in it to get back to the thumbnails, and then on the arrow that points up to get back to the city folders. It’s all much clearer when you actually look at the layout, so go ahead and get started if you are curious!

200336238

Des couples et des carnets

En r�ponse � Laurent, qui m’a pos� la question suivante:
Ce qui me fait rebondir sur la question, comment s’ins�re un blogue dans la vie de couple ? Avec la menace continuelle que votre cher et tendre publie des moments d’intimit� � la terre enti�re ? “Si tu fais �a, je te blogue!” ;-)

Laurent, cet article publi� dans le NY Times devrait t’int�resser:
Dating a Blogger, Reading All About It.

Blague � part, sans que B. et moi ayons � en discuter clairement, il y a des sujets qui sont hors limites. Comme on se conna�t bien tous les deux, on conna�t aussi assez bien cette limite. Et s’il me demandait de ne pas �crire sur un sujet qui nous concerne (ce qu’il n’a pas besoin de faire en g�n�ral), je n’�crirais pas, ou du moins nous discuterions de l’angle qui le d�range. C’est une question de confiance et de respect et quand le couple (�a vaut aussi pour des amis ou pour la famille) se conna�t bien, le blogue n’est pas une source de conflit. Dans notre cas c’est m�me plut�t le contraire: c’est quelque chose qu’on partage et c’est un grand sujet de conversation entre nous.

Je ne pourrais pas nous imaginer en train de se menacer et d’utiliser le blogue comme arme dans un conflit personnel! J’imagine que c’est une question de maturit� et de d�cence. Mais j’avoue que je n’aurais pas fait confiance � certains de mes anciens copains s’ils avaient maintenu un blogue… Dans ces cas-l� j’aurais �mis une r�gle cat�gorique: pas question de parler de nous en ligne! Mais avec B. je n’ai pas besoin de faire �a.

Quand je ne peux pas ramener un sujet personnel vers un th�me plus universel, j’�vite d’en parler (sauf exceptions plus ou moins fr�quentes, j’avoue. J’aime bien les anecdotes.). L’aspect anglo vs francophone est pour moi un sujet de nature sociologique plut�t que personnel et c’est pour �a que j’y reviens souvent. Et s’il n’est pas arme dans un conflit, dans un couple bien �quilibr� le carnet peut parfois se faire outil de taquinerie. Pour moi la taquinerie et le sens de l’humour dans un couple, c’est aussi vital que la s�duction et le romantisme. Je mets donc toutes les armes de mon c�t� ;-)

200332107

The unbearable sweetness of anglos

Tard hier soir, je surprends mon anglo de chum assis par terre en pyjama, concentr� sur l’assemblage de sa nouvelle chaise de travail Ikea, comme un petit gar�on sur ses blocs Lego. Je l’attrappe par derri�re et saisis sa t�te entre mes mains.

-”T’es trop mignon, faut que je te donne un bisou”, que je lui dis.
-”Oui”, me r�pond-il avec candeur. “Bise moi”.

Plus tard, alors qu’il peut encore m’entendre rire d’un bout � l’autre de l’appartement:
-”It’s not THAT funny”, me crie-t-il, assis sur sa nouvelle chaise.
-”I am SO blogging this“, que je lui r�ponds, en m’�touffant avec ma brosse � dents.

200325266

La critique est dure

Aux yeux de ces intellectuels, Martine �tait trop parfaite, trop sage et trop g�t�e.

Oui mais quels yeux! Et la petite culotte blanche! ;-)

Aussi, dans le m�me journal (Cyberpresse): Le Canada, terre des �crivains.

Ce pays est le plus int�ressant carrefour d’�crivains vivants sur la plan�te.